La batellerie

Le projet Littoral Bas Carbone ne concernait au départ que le littoral maritime et toute la zone économique associée, avec pour objectif de lier très étroitement le développement local et le cabotage de proximité, dans un esprit bas, voire zéro, carbone. Son extension au domaine fluvial est immédiate et évidente :

  • Dans chaque port fluvial, il est prévu un sorte de comptoir, de même nature que les magasins de producteurs, pour stocker et vendre les produits transportés par des péniches,
  • le fret viendra des entreprises et commerces locaux, situés dans la zone économique associée à ce port, et acceptant qu’une partie au moins de leurs produits soient transportés par des bateaux zéro carbone,
  • ce fret sera confié à un transporteur local acceptant la notion de circuits optimisés effectués par des véhicules pas ou peu polluants.

Il y a cependant un changement complet par rapport à la batellerie traditionnelle :

  • Le fret des péniches était souvent constitué de produits pondéreux et/ou en vrac. Ce qui était alors recherché était un coût de transport faible pour de grands volumes. Le développement local va de pair avec des produits très divers, souvent en palettes : on est très proche du transport de type messagerie.
  • Les parcours en péniche étaient parfois longs de plusieurs centaines de kilomètres, avec très souvent des retours à vide. La proximité va concerner des distances de l’ordre de quelques dizaines de kilomètres.
  • Le canal était souvent considéré comme une simple voie de passage et il n’y avait quasiment pas d’interaction avec les riverains. Ce qui est envisagé, au contraire, vise à intégrer explicitement le transport fluvial à l’activité économique terrestre.

Un autre changement concernera la propulsion. Les péniches traditionnelles, qui ont transporté du fret jusque vers l’année 2016, étaient propulsées par des moteurs diesel de 50 CV, soit 36,8 kW. Ces moteurs vont être remplacés par des moteurs électriques qui seront alimentés en électricité verte par des batteries ou par des groupes électrogènes à hydrogène renouvelable (quand ce gaz sera disponible). Dans l’immédiat, la recharge des batteries sera réalisée lors des arrêts et, en particulier, lors des arrêts de nuit.

Plutôt que des voiles auxiliaires, qui nécessiteraient des systèmes affalables à chaque passage de pont, les péniches seront éventuellement pourvues de panneaux photo-voltaïques installés sur les couvertures de cale.

Le Laborieux, une des dernières péniches, actuellement propriété de la Région Bretagne.

=> Retour à l’accueil

=> Page suivante