La question de l’hydrogène

Il y a actuellement de nombreux projets pour des bateaux utilisant l’hydrogène pour la propulsion. Citons deux exemples, en particulier,

Par ailleurs, la Région Bretagne a défini un “Plan Hydrogène” qui vise à convertir les flottes de navire à l’hydrogène renouvelable : https://www.bretagne.bzh/actualites/energies-renouvelables-une-filiere-de-lhydrogene-en-bretagne/

Cet engouement pour l’hydrogène est justifié, dans la mesure où la combustion de ce gaz ne produit que de l’eau tout en libérant de l’énergie. Il reste cependant de nombreux obstacles technologiques à surmonter :

  • Ce gaz a une très faible densité énergétique et nécessite des réservoirs spécifiques, ce qui va augmenter de façon très significative leur poids et leur volume. On trouve, par exemple, des bombonnes de 157 litres contenant 3,7 kg d’hydrogène à 350 bars et pesant 52 kg. Une telle bombonne emmagasine une énergie théorique de 122,1 kWh, énergie obtenue avec 11 kg de gazole : il y a donc un rapport de 11 à 52 pour le poids, de 9,3 à 157 pour le volume. Plus généralement, plus le volume d’hydrogène est important, plus son stockage est complexe, que ce gaz soit compressé (habituellement 200, 350 ou 700 bars) ou liquéfié (– 252,85 °C à la pression atmosphérique normale).
  • Aujourd’hui, l’hydrogène est produit à 95% par le craquage du pétrole, qui produit 11 kg de CO2 pour 1 kg d’hydrogène. L’hydrogène renouvelable est produit par électrolyse de l’eau à partir d’énergie renouvelable, mais cette filière n’est encore que très peu développée.
  • Par rapport à un carburant liquide, comme le gazole, qui peut être transvasé sans problème par des pompes électriques ordinaires à la pression atmosphérique normale, la manutention de l’hydrogène est bien plus complexe.
  • Enfin, l’hydrogène est un gaz explosif qui ne tolère pas la moindre fuite.

En résumé, la propulsion de navires grâce à l’hydrogène est techniquement possible mais reste coûteuse et se heurte au problème du stockage.

Une réponse immédiate nécessaire est cependant possible, à condition d’envisager une hybridation par l’utilisation d’autres sources d’énergie car cela permettrait de réduire le poids et le volume d’hydrogène nécessaire. Malheureusement cela ne semble pas être considéré dans les expérimentations en cours et les projets envisagés.

C’est pourtant la voie choisie par Avel Marine :

  • le cabotage de proximité, qu’il soit fluvial ou maritime, implique des distances assez faibles et multiplie les points d’approvisionnement possibles, ce qui diminue d’autant le volume nécessaire d’hydrogène,
  • en mer, des voiles auxiliaires vont assurer un complément à la propulsion,
  • sur les canaux, des cellules photo-voltaïques seront installées sur les panneaux de cale,
  • dans les deux cas, l’électricité nécessaire au moteur sera stockée dans des batteries. Celles-ci seront rechargées grâce à des bornes électriques dans les points d’accostage avec un abonnement à un producteur d’électricité verte, ou encore par un groupe électrogène à hydrogène comme il en existe déjà sur le marché.

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